La peinture microporeuse tient entre 8 et 10 ans sur des volets en bois correctement préparés, contre 3 à 5 ans pour une lasure et 2 à 3 ans pour un saturateur, selon les fiches techniques des principaux fabricants de revêtements bois extérieurs. Le choix entre ces trois finitions dépend pourtant moins de la longévité brute que de l’aspect recherché, du type d’essence et du temps que l’on accepte de consacrer à l’entretien.
Sommaire
- Peinture, lasure, saturateur : trois protections, trois logiques d’entretien
- Durée réelle de chaque finition selon l’exposition
- Est-ce que la peinture tient mieux que la lasure ?
- Quelle est la meilleure peinture pour les volets en bois extérieurs ?
- Quels sont les inconvénients de la lasure ?
- Passer de la lasure à la peinture : faut-il tout poncer ?
Peinture, lasure, saturateur : trois protections, trois logiques d’entretien
Ces trois produits ne font pas du tout le même travail. La peinture forme un film opaque en surface du bois : elle masque le veinage, offre un large choix de teintes et constitue la barrière la plus épaisse contre les UV et l’humidité. La lasure, qu’elle soit transparente ou teintée, pénètre dans les fibres tout en laissant le veinage visible. Elle protège contre les UV et les champignons, mais sans créer de film rigide. Le saturateur imprègne le bois en profondeur sans former de pellicule du tout : il nourrit la fibre, ralentit le grisaillement, et s’use par érosion progressive plutôt que par écaillage.
La norme NF EN 927-1 classe ces produits selon leur épaisseur de film et leur perméabilité à la vapeur d’eau. Un saturateur se situe en classe « sans film », une lasure en couche mince ou moyenne, une peinture en couche épaisse. Cette classification conditionne directement le mode de vieillissement et donc la fréquence de rénovation.
Voir aussi Repeindre un portail en fer rouillé : décapage, antirouille et finition
Durée réelle de chaque finition selon l’exposition
Les durabilités annoncées par les fabricants supposent une application dans les règles, sur bois sec et sain, avec le nombre de couches prescrit. L’exposition réelle des volets modifie fortement ces chiffres.
| Finition | Façade nord ou abritée | Façade sud ou plein ouest | Mode de vieillissement |
|---|---|---|---|
| Peinture microporeuse | 8 à 10 ans | 5 à 7 ans | Farinage puis écaillage |
| Lasure teintée (2 à 3 couches) | 4 à 5 ans | 2 à 3 ans | Décoloration progressive |
| Lasure transparente | 2 à 3 ans | 1 à 2 ans | Grisaillement rapide |
| Saturateur | 2 à 3 ans | 1 à 2 ans | Érosion sans écaillage |
Un volet orienté plein sud encaisse davantage de rayonnement UV et de cycles thermiques. La lasure y pâlit plus vite, tandis que la peinture y farine avant d’éclater. Les volets abrités sous un auvent ou orientés au nord gagnent facilement deux ans de tranquillité, quelle que soit la finition. On le verra plus bas, le choix dépend aussi de ce que l’on tolère comme travaux de rénovation.
Est-ce que la peinture tient mieux que la lasure ?
Oui, en durée brute, la peinture tient nettement plus longtemps. Son film opaque bloque davantage de rayonnement UV et résiste mieux à l’érosion pluviale qu’une lasure. Mais elle vieillit plus durement : quand elle lâche, elle s’écaille par plaques, ce qui impose un ponçage complet, voire un décapage, avant toute remise en peinture. La lasure, elle, se dégrade par décoloration progressive. Le rafraîchissement se fait alors par un simple égrenage au grain 120 suivi d’une nouvelle couche, en une demi-journée pour une paire de volets.
Le calcul mérite d’être posé. Deux couches de lasure tous les 4 ans sur 20 ans, cela représente 5 interventions légères. Une peinture repassée tous les 8 ans donne 2 à 3 interventions lourdes (ponçage, sous-couche, deux couches de finition). En temps cumulé, franchement, la différence n’est pas aussi tranchée que la durée affichée le laisse croire.
Quelle est la meilleure peinture pour les volets en bois extérieurs ?
Une peinture microporeuse acrylique en phase aqueuse convient à la grande majorité des cas. Microporeuse signifie qu’elle laisse la vapeur d’eau s’échapper du bois tout en bloquant l’eau liquide, ce qui évite le cloquage. Les fabricants comme Zolpan ou Syntilor proposent des gammes spécifiquement formulées pour le bois extérieur, avec des résines souples qui suivent les mouvements du bois.
Pour les volets déjà peints en glycéro, une peinture alkyde en émulsion permet la transition vers une formule à l’eau sans décapage intégral, à condition que l’ancien film soit sain et poncé. Les peintures 100 % glycérophtaliques restent disponibles mais reculent du marché en raison des restrictions sur les composés organiques volatils fixées par la directive européenne 2004/42/CE sur les COV.
Voir aussi Peinture de façade : pliolite, siloxane ou acrylique selon le support
Quels sont les inconvénients de la lasure ?
Le principal reproche fait à la lasure est sa durée de protection limitée, surtout en version transparente. Sans pigments pour filtrer les UV, elle laisse le bois griser en un à deux étés sur une façade exposée. L’entretien est plus fréquent qu’avec une peinture, même s’il est plus rapide à exécuter.
Autre point : la lasure ne masque pas les défauts. Un bois taché, un assemblage réparé à l’époxy ou un nœud noirci restent visibles sous une lasure teintée. Pour les volets anciens ayant subi plusieurs réparations, la peinture opaque offre un résultat visuel plus homogène.
La lasure impose également de respecter un taux d’humidité du bois inférieur à 20 % au moment de l’application, sous peine de mauvaise pénétration. Les conditions d’application sont similaires à celles d’une peinture de façade : pas de pluie annoncée sous 24 heures, température entre 10 °C et 25 °C. Pour connaître les températures qui bloquent un chantier extérieur, le guide sur la bonne saison pour un ravalement détaille les seuils à respecter.
Passer de la lasure à la peinture : faut-il tout poncer ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes, et la réponse dépend de l’état de la lasure en place. Si la lasure est encore adhérente et simplement passée de couleur, un égrenage au grain 120 suivi d’une sous-couche d’accrochage suffit. Si elle s’écaille ou si plusieurs couches se superposent depuis des années, un décapage chimique ou thermique devient nécessaire pour retrouver un support sain.
Le passage inverse (de la peinture vers la lasure) est plus contraignant. La lasure ne peut pas pénétrer un film de peinture : il faut décaper intégralement pour revenir au bois nu. Ce travail représente plusieurs heures par volet, avec un décapeur thermique ou un produit décapant, puis un ponçage de finition.
Sur un bois en bon état, l’application d’un hydrofuge en traitement préalable peut améliorer la durabilité de la finition en limitant les remontées d’humidité dans le bois. Et si le mur autour des volets montre des traces vertes, un traitement anti-mousse de la façade évitera que les spores recolonisent le bois fraîchement traité.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure option pour le bois, peinture ou lasure ?
La peinture microporeuse convient aux volets que l’on souhaite protéger durablement avec une teinte opaque et un entretien espacé. La lasure convient aux bois dont on veut conserver le veinage visible, à condition d’accepter un rafraîchissement tous les 3 à 5 ans. Le saturateur s’adresse aux bois denses (chêne, iroko, teck) pour lesquels un aspect huilé naturel est recherché, mais il demande un renouvellement annuel ou bisannuel.
Peut-on appliquer une peinture sur une lasure sans poncer ?
Une peinture ne peut pas accrocher correctement sur une lasure lisse et intacte. Un égrenage léger au papier grain 120 reste indispensable pour créer une surface d’accroche, suivi d’une sous-couche adaptée. Sur une lasure très écaillée ou empilée en couches multiples, un décapage complet s’impose.
À retenir
- Appliquer la finition sur un bois dont le taux d’humidité est inférieur à 20 %, mesuré au testeur à pointes.
- Toujours égrener au grain 120 entre deux couches et avant toute nouvelle finition.
- Privilégier une lasure teintée foncée plutôt que transparente pour gagner un à deux ans de tenue.
- Prévoir le chantier entre mai et septembre, par temps sec et entre 10 °C et 25 °C.
Façadier pendant 15 ans dans le Maine-et-Loire, Laurent Beaumont partage sur rairies-facade.fr son expertise en ravalement de façade, isolation thermique par l'extérieur (ITE) et techniques d'enduit. Des guides pratiques avec les prix réels et les retours de chantier.
À lire aussi

À quelle saison faire son ravalement : les températures qui bloquent le chantier
Un enduit appliqué par 3 °C un matin de décembre ne tiendra pas deux hivers. Ce n'est pas une opinion, c'est…

Ravalement en copropriété : vote, appels de fonds et répartition des charges
Un ravalement de façade en copropriété coûte en moyenne 40 à 110 €/m² de surface traitée, et la facture…

Ravalement d’une maison de 100 m² : le budget détaillé par poste
Entre 4 000 et 12 000 € : voilà la fourchette que la plupart des propriétaires découvrent quand ils demandent…

Ravalement obligatoire tous les 10 ans : où cette règle s’applique vraiment
Un propriétaire sur deux est convaincu que la loi impose un ravalement de façade tous les dix ans, partout en…

Refaire un enduit abîmé : piquer, reprendre ou tout déposer ?
Un enduit qui sonne creux sous le marteau, des plaques qui se décollent par pans entiers, des fissures qui…

Enduit à la chaux sur mur ancien : pourquoi le ciment est une erreur
Chaque année, des centaines de maisons anciennes voient leurs murs se dégrader à cause d'un enduit ciment…

















