DTU étanchéité pied de façade : guide complet des normes

Dans cet article

  • Le DTU 20.1 et le DTU 42.1 encadrent les règles d’étanchéité en pied de façade pour les constructions neuves et les réfections
  • La garde au sol minimale imposée est de 5 cm au-dessus du niveau fini extérieur pour éviter les remontées capillaires
  • Un relevé d’étanchéité de 15 cm minimum est exigé à la jonction entre le soubassement et la façade
  • L’absence de traitement du pied de façade est la première cause de sinistres en ravalement selon l’AQC
  • Les arase-étanchéités doivent être conformes au NF DTU 20.1 paragraphe 7.3 pour garantir la décennale
  • Un diagnostic préalable du soubassement permet d’identifier les désordres et de choisir le bon système de protection

Après quinze ans passés sur les échafaudages dans le Maine-et-Loire, je peux vous affirmer une chose : le pied de façade est la zone la plus négligée lors d’un ravalement, et pourtant la plus vulnérable. J’ai vu des dizaines de chantiers où l’enduit se décollait en bas de mur, où l’humidité remontait sur 50 cm, simplement parce que les règles du DTU étanchéité pied de façade n’avaient pas été respectées. Cette zone de transition entre le sol et la façade concentre toutes les agressions : éclaboussures de pluie, remontées capillaires, ruissellement, gel. Si vous êtes artisan, maître d’ouvrage ou simplement propriétaire soucieux de la pérennité de votre maison, ce guide vous détaille chaque exigence normative pour protéger efficacement cette partie critique de votre bâtiment.

Comprendre le DTU étanchéité pied de façade

Le pied de façade désigne la partie basse du mur extérieur, généralement comprise entre le niveau du sol fini et une hauteur de 30 à 50 cm. C’est une zone de transition soumise à des sollicitations très spécifiques que j’observe quotidiennement sur les chantiers. L’eau de pluie qui rebondit au sol, les projections de terre, le gel hivernal : tout converge vers cette bande de quelques dizaines de centimètres.

Le DTU étanchéité pied de façade n’est pas un document unique. Il s’agit en réalité d’un ensemble de prescriptions réparties dans plusieurs DTU complémentaires, principalement le NF DTU 20.1 (ouvrages en maçonnerie de petits éléments), le NF DTU 42.1 (réfection de façades en place par revêtements d’imperméabilisation) et le NF DTU 26.1 (travaux d’enduits de mortiers). Ces textes définissent les dispositions constructives à respecter pour empêcher l’eau de pénétrer dans la paroi au niveau du soubassement.

En tant que façadier, je considère que la maîtrise de ces normes est indispensable. Un pied de façade mal traité, c’est la garantie d’un sinistre dans les trois à cinq ans. Et quand l’expert d’assurance intervient, il vérifie systématiquement la conformité aux DTU. Si les règles ne sont pas respectées, la garantie décennale peut être remise en cause. Je ne compte plus les artisans que j’ai vus confrontés à ce problème.

Application d'un enduit hydrofuge sur le soubassement d'une façade
Application d’un enduit hydrofuge sur le soubassement d’une façade

Les textes normatifs applicables en détail

Pour bien comprendre le cadre réglementaire, il faut connaître les différents DTU qui interviennent sur l’étanchéité du pied de façade. Voici les principaux textes que je consulte régulièrement sur mes chantiers :

Référence DTU Intitulé Domaine d’application Points clés pour le pied de façade
NF DTU 20.1 Ouvrages en maçonnerie de petits éléments Construction neuve, murs en parpaings, briques Arase-étanchéité, garde au sol, coupure de capillarité
NF DTU 42.1 Réfection de façades par revêtements d’imperméabilisation Ravalement et imperméabilisation Traitement du pied de façade, arrêt bas des revêtements
NF DTU 26.1 Travaux d’enduits de mortiers Enduits extérieurs neufs Arrêt bas de l’enduit, jonction avec le soubassement
NF DTU 43.1 Étanchéité des toitures-terrasses Toitures plates et terrasses Relevés d’étanchéité en jonction avec les façades
NF DTU 14.1 Cuvelage Ouvrages enterrés Étanchéité des parties enterrées du soubassement

Le texte de référence principal reste le NF DTU 20.1, et plus précisément son paragraphe 7.3 qui traite des arase-étanchéités. Ce document est publié par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) et constitue la base contractuelle entre le maître d’ouvrage et l’entreprise de façade. Pour les travaux de réfection, le NF DTU 42.1 prend le relais et précise comment traiter le pied de façade lors d’un ravalement avec un système d’imperméabilité.

Je recommande également de consulter les Cahiers du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) qui publient des fiches complémentaires sur les points singuliers. Ces documents apportent des schémas détaillés que je trouve extrêmement utiles sur le terrain. Si vous travaillez sur des menuiseries extérieures, les jonctions entre dormants et pied de façade nécessitent une attention toute particulière.

Exigences techniques : garde au sol et relevés

La notion de garde au sol est fondamentale. Elle désigne la distance verticale entre le niveau du sol fini extérieur (trottoir, terrasse, terre végétale) et le bas de la façade proprement dite. Le DTU 20.1 impose une garde au sol minimale de 5 cm entre le dessus de l’arase-étanchéité et le niveau du sol extérieur. En pratique, je préconise toujours 10 à 15 cm pour une protection optimale, surtout dans notre région où les précipitations sont fréquentes.

Cette garde au sol a un rôle essentiel : elle empêche les remontées d’eau par capillarité et protège le bas de la façade contre les éclaboussures. J’ai constaté sur des dizaines de chantiers que lorsque le sol extérieur affleure le bas de l’enduit, les dégradations apparaissent en moins de deux ans. Mousse, effritement, décollement : la liste des désordres est longue.

Les relevés d’étanchéité constituent l’autre exigence majeure. À la jonction entre une terrasse ou un dallage extérieur et le pied de façade, le DTU impose un relevé d’au moins 15 cm au-dessus du niveau fini. Ce relevé peut atteindre 20 cm dans certaines configurations, notamment en zone exposée aux intempéries ou lorsque la terrasse est accessible. Le Code de la construction et de l’habitation renforce ces obligations en imposant des performances minimales d’étanchéité pour les bâtiments neufs.

Voici les cotes minimales à respecter selon les configurations :

Configuration Garde au sol minimale Relevé d’étanchéité Référence DTU
Façade sur terre-plein 5 cm 15 cm DTU 20.1 § 7.3
Façade sur vide sanitaire 5 cm 15 cm DTU 20.1 § 7.3
Jonction avec terrasse accessible 5 cm 15 à 20 cm DTU 43.1 et DTU 20.1
Jonction avec dallage extérieur 5 cm 15 cm DTU 20.1 § 7.3
Seuil de porte-fenêtre 5 cm (avec caniveau possible) Selon DTU menuiserie DTU 36.5 / DTU 20.1

Arase-étanchéité : rôle et mise en œuvre

L’arase-étanchéité, c’est le cœur du dispositif de protection en pied de façade. Il s’agit d’une barrière horizontale placée dans l’épaisseur du mur, généralement au niveau de la première assise hors sol, qui bloque la remontée d’eau par capillarité depuis les fondations. Sans cette coupure, l’humidité du sol migre dans le mur par les pores du matériau, et peut monter jusqu’à 1,50 m de hauteur.

Le NF DTU 20.1 précise que l’arase-étanchéité doit être réalisée avec un matériau imperméable et continu sur toute la largeur du mur. Les solutions les plus courantes sont :

  • Une chape de mortier hydrofugé d’au moins 2 cm d’épaisseur
  • Un feutre bitumé de type 36S ou équivalent, posé en plein sur un lit de mortier
  • Une membrane synthétique spécifique (PEHD, PVC) de 0,5 mm minimum
  • Un produit d’injection pour les murs existants (résines hydrophobes)

Sur le terrain, je privilégie le feutre bitumé pour les constructions neuves : il est fiable, peu coûteux et facile à mettre en œuvre. Pour les rénovations, l’injection de résine reste la solution la plus adaptée car elle évite de démonter le mur. Le choix dépend aussi de la nature du support. Sur un mur en pierre, par exemple, l’injection est souvent la seule option réaliste.

Un point que je vérifie systématiquement : l’arase-étanchéité doit être continue. Aucune interruption n’est admise, même au passage d’un poteau ou d’un refend. Les recouvrements entre lés doivent être d’au moins 10 cm. J’ai vu des chantiers où le maçon avait oublié l’arase à l’angle du bâtiment ; résultat, l’humidité s’infiltrait précisément à cet endroit et remontait dans le mur de refend intérieur.

Arase-étanchéité en membrane bitumineuse entre les rangs de maçonnerie
Arase-étanchéité en membrane bitumineuse entre les rangs de maçonnerie

Traitement de la jonction soubassement et façade

La jonction entre le soubassement (partie enterrée ou semi-enterrée du mur) et la façade proprement dite est un point singulier qui nécessite un traitement spécifique. Le soubassement est par nature exposé à l’humidité du sol, aux projections d’eau et aux cycles gel-dégel. Le DTU exige que cette zone soit protégée différemment du reste de la façade.

En construction neuve, le soubassement reçoit généralement un enduit hydrofuge ou un revêtement d’imperméabilisation spécifique. Le NF DTU 26.1 précise que l’enduit de façade doit s’arrêter à 5 cm minimum au-dessus du sol fini. L’enduit du soubassement, lui, peut descendre jusqu’au niveau du sol, mais il doit être d’une nature différente : plus résistant à l’humidité et aux chocs mécaniques.

Pour la réfection, le NF DTU 42.1 impose des dispositions précises concernant l’arrêt bas du revêtement d’imperméabilisation. Le système ne doit pas descendre jusqu’au sol : il faut ménager une bande de soubassement non revêtue ou traitée avec un produit compatible. Cette bande permet l’évaporation de l’humidité résiduelle et évite que le revêtement ne se décolle sous l’effet de la pression hydrostatique.

En pratique, je réalise systématiquement un solin de raccord entre l’enduit de façade et le soubassement. Ce solin, en mortier hydrofugé, assure la continuité de la protection tout en permettant les mouvements différentiels entre les deux zones. Sans ce détail, des fissures apparaissent à la jonction dans les premiers hivers. Si vous envisagez un ravalement complet, je vous conseille de consulter nos recommandations sur le prix de la peinture extérieure pour budgéter l’ensemble du chantier, soubassement compris.

Erreurs fréquentes et risques de sinistres

En quinze ans de métier, j’ai identifié les erreurs récurrentes qui conduisent à des sinistres en pied de façade. L’Agence Qualité Construction (AQC) confirme dans ses rapports que les défauts d’étanchéité en pied de façade figurent parmi les causes principales de sinistres sur les ouvrages de façade. Voici les erreurs que je rencontre le plus souvent :

  • Absence d’arase-étanchéité : c’est la faute la plus grave. Sans coupure de capillarité, l’humidité du sol envahit progressivement tout le mur
  • Sol extérieur rehaussé après construction : lors d’un aménagement de terrasse ou d’un engazonnement, le niveau du sol est remonté au-dessus de l’arase-étanchéité, annulant sa fonction
  • Enduit descendu trop bas : l’enduit cimentaire posé jusqu’au sol emprisonne l’humidité dans le mur au lieu de la laisser s’évaporer
  • Absence de relevé d’étanchéité : à la jonction avec une terrasse, l’étanchéité s’arrête au nu du mur sans remonter en pied de façade
  • Drainage absent ou obstrué : sans drain périphérique fonctionnel, l’eau stagne au pied du mur et sature le soubassement
  • Rejingot ou seuil inadapté : au droit des portes-fenêtres, un seuil mal conçu laisse passer l’eau sous la menuiserie posée en applique

Les conséquences de ces erreurs sont sérieuses. On observe des remontées capillaires visibles sous forme d’auréoles, de salpêtre ou de moisissures à l’intérieur. L’enduit se décolle par plaques entières. Les peintures cloquent. Dans les cas les plus graves, le gel fait éclater les matériaux gorgés d’eau, provoquant des dégâts structurels sur le soubassement. D’après les données de l’AQC, le coût moyen de réparation d’un sinistre en pied de façade se situe entre 3 000 et 12 000 € selon l’ampleur des dégâts.

Pour comprendre l’importance de la conformité aux normes dans le bâtiment, je vous recommande de consulter notre article sur la norme RT 2020 qui détaille les exigences réglementaires actuelles.

Matériaux et solutions d’étanchéité en pied de façade

Le choix du système d’étanchéité en pied de façade dépend de plusieurs facteurs : la nature du support, l’exposition aux intempéries, la présence d’une terrasse ou d’un dallage, et bien sûr le budget. Je vais vous présenter les principales solutions que j’utilise sur mes chantiers, avec leurs avantages et limites.

Relevé d'étanchéité à la jonction entre une terrasse et le pied de façade
Relevé d’étanchéité à la jonction entre une terrasse et le pied de façade

Solution Application Prix indicatif (€/ml) Durabilité Adapté rénovation
Enduit hydrofuge de soubassement Neuf et rénovation 15 à 30 €/ml 15 à 25 ans Oui
Membrane bitumineuse collée Neuf principalement 20 à 40 €/ml 25 à 40 ans Difficile
Résine d’injection (capillarité) Rénovation 80 à 150 €/ml 20 à 30 ans Oui, solution privilégiée
Drainage périphérique Neuf et rénovation 50 à 120 €/ml 30 ans et plus Oui (travaux lourds)
Peinture d’imperméabilisation Rénovation légère 10 à 20 €/ml 5 à 10 ans Oui

Pour les constructions neuves, la combinaison idéale que je recommande est la suivante : une arase-étanchéité en feutre bitumé à la base du mur, un enduit hydrofuge sur le soubassement, et un drainage périphérique au pied des fondations. Cette triple protection couvre les trois vecteurs d’humidité : capillarité, infiltration et pression hydrostatique.

En rénovation, l’injection de résine hydrophobe dans les joints de maçonnerie reste la méthode la plus efficace pour créer une barrière anti-capillarité dans un mur existant. Le principe est simple : on perce des trous à intervalles réguliers (tous les 10 à 15 cm) dans le premier joint horizontal, puis on injecte une résine qui se diffuse dans les pores du matériau et crée une barrière imperméable. Le coût est plus élevé, mais la solution est durable et ne nécessite pas de travaux destructifs.

L’enduit de soubassement hydrofuge constitue un complément indispensable. Il s’agit d’un mortier modifié avec des adjuvants hydrophobes, appliqué en deux couches sur une épaisseur totale de 15 à 20 mm. Ce type d’enduit résiste aux projections d’eau et aux cycles de gel-dégel tout en restant perméable à la vapeur d’eau, ce qui permet au mur de respirer. Si vous préparez un devis de travaux de rénovation, pensez à inclure ce poste souvent sous-estimé.

Étapes de mise en conformité d’un pied de façade existant

Si vous constatez des problèmes d’humidité en bas de vos murs, voici la démarche que je suis systématiquement pour remettre un pied de façade en conformité avec les DTU. Chaque étape est importante ; n’en sautez aucune.

1. Diagnostic du support existant. Avant toute intervention, j’inspecte le pied de façade pour identifier les causes de l’humidité : remontées capillaires, infiltrations latérales, défaut de drainage, ou condensation. Je vérifie la présence ou l’absence d’arase-étanchéité, je mesure le taux d’humidité dans le mur à différentes hauteurs, et je relève le niveau du sol par rapport au bas de la façade. Ce diagnostic conditionne tout le reste.

2. Décaissement du sol si nécessaire. Si le niveau du sol extérieur dépasse l’arase-étanchéité ou se situe trop près du bas de l’enduit, il faut abaisser le terrain pour retrouver la garde au sol réglementaire de 5 cm minimum. Dans certains cas, cela implique de modifier un trottoir ou une terrasse. C’est contraignant, mais indispensable.

3. Mise en place ou restauration du drainage. Un drain périphérique en pied de fondation évacue les eaux de ruissellement et réduit la pression hydrostatique sur le soubassement. Le drain doit être posé sur un lit de gravier, entouré d’un géotextile, et raccordé à un exutoire. La pente minimale est de 3 mm par mètre.

4. Création de la coupure de capillarité. Si l’arase-étanchéité est absente ou défectueuse, je procède à une injection de résine hydrophobe. Les forages sont réalisés tous les 12 à 15 cm, dans le premier joint horizontal accessible. L’injection se fait sous basse pression pour garantir une bonne diffusion dans la maçonnerie.

5. Traitement du soubassement. Je pique l’ancien enduit dégradé sur toute la hauteur du soubassement, puis j’applique un gobetis d’accrochage suivi de deux couches d’enduit hydrofuge. L’arrêt haut du soubassement est soigné avec un chanfrein ou un solin de raccord avec l’enduit de façade. Pour un chantier complet, il est judicieux de faire appel à un enduiseur façadier qualifié.

6. Vérification finale et réception. Je contrôle la conformité des cotes (garde au sol, hauteur de relevé), la continuité des protections et le bon fonctionnement du drainage. Un procès-verbal de réception avec photos permet de documenter la conformité aux DTU pour l’assurance décennale.

L’ensemble de ces travaux représente un investissement de 100 à 250 €/ml de façade traitée, selon la complexité du chantier. Un coût à mettre en perspective avec le prix d’un sinistre non couvert par l’assurance. Pour évaluer le budget global de vos travaux, notre article sur le prix d’un audit énergétique vous aidera à planifier l’ensemble de vos interventions.

Cas particuliers : terrasses, balcons et menuiseries

Certaines configurations exigent des dispositions renforcées en pied de façade. Je vais détailler les trois cas les plus fréquents que je rencontre sur le terrain.

Jonction avec une terrasse accessible. Lorsqu’une terrasse sur plots ou carrelée vient buter contre la façade, le relevé d’étanchéité doit remonter à 15 cm minimum au-dessus du niveau fini de la terrasse. Cette exigence, issue du DTU 43.1 et reprise dans le DTU 20.1, est souvent mise à mal par les aménagements esthétiques. J’ai vu des terrasses en bois posées à ras du seuil, noyant complètement le relevé. C’est une faute technique majeure. Si vous envisagez une terrasse étanchée, les prescriptions du DTU étanchéité terrasse accessible s’ajoutent à celles du pied de façade.

Balcons et loggias. Les balcons en saillie créent un point singulier délicat : l’étanchéité du balcon doit se raccorder au pied de façade par un relevé continu, sans pont thermique ni fissure. Le DTU 43.1 impose des bandes de renfort aux angles et des becquets de protection en nez de balcon. La difficulté réside dans la gestion des mouvements différentiels entre le balcon (exposé aux variations de température) et la façade.

Seuils de menuiseries. Les portes-fenêtres et baies vitrées en pied de façade sont des points critiques. Le seuil doit intégrer un rejingot (relevé en béton ou en métal) d’au moins 5 cm pour empêcher l’eau de s’infiltrer sous le dormant. Si la garde au sol ne peut pas être respectée (accès PMR par exemple), un caniveau de collecte doit être installé devant le seuil. Ces dispositions sont détaillées dans le DTU 36.5 et le DTU 20.1. Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur le DTU menuiserie extérieure.

Dans tous ces cas, je rappelle que la conformité aux normes d’isolation est également en jeu. Le traitement du pied de façade doit être cohérent avec l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) lorsqu’elle est présente. Les normes d’isolation RT 2020 pour les murs imposent des performances qui ne doivent pas être compromises par des ponts thermiques en pied de façade.

À retenir

  • Vérifiez la présence d’une arase-étanchéité continue au premier rang de maçonnerie hors sol avant tout travail de façade
  • Maintenez une garde au sol de 5 cm minimum (idéalement 10 à 15 cm) entre le sol fini et le bas de l’enduit
  • Prévoyez un relevé d’étanchéité de 15 cm à chaque jonction avec une terrasse ou un dallage
  • Faites réaliser un diagnostic humidité avant toute intervention sur un pied de façade dégradé
  • Exigez la mention des DTU 20.1 et 42.1 dans les devis et marchés de travaux pour sécuriser votre garantie décennale

Questions fréquentes


Quel DTU régit l’étanchéité du pied de façade ?

L’étanchéité du pied de façade est principalement régie par le NF DTU 20.1 (ouvrages en maçonnerie) qui traite des arase-étanchéités et de la garde au sol. Le NF DTU 42.1 complète ces prescriptions pour les travaux de réfection et d’imperméabilisation. Le NF DTU 26.1 intervient également pour les travaux d’enduits. Ces trois textes forment le cadre normatif complet pour la protection du pied de façade.


Quelle est la hauteur minimale de garde au sol imposée par le DTU ?

Le NF DTU 20.1 impose une garde au sol minimale de 5 cm entre le dessus de l’arase-étanchéité et le niveau du sol extérieur fini. En pratique, les professionnels recommandent de porter cette distance à 10 ou 15 cm pour une meilleure protection contre les éclaboussures et les remontées capillaires, en particulier dans les régions pluvieuses.


Comment traiter un pied de façade sans arase-étanchéité en rénovation ?

La solution la plus efficace en rénovation est l’injection de résine hydrophobe dans le premier joint horizontal du mur. Des forages sont réalisés tous les 12 à 15 cm, puis la résine est injectée sous basse pression. Elle se diffuse dans les pores du matériau et crée une barrière anti-capillarité. Ce traitement coûte entre 80 et 150 € par mètre linéaire, mais il évite des travaux destructifs et offre une durabilité de 20 à 30 ans.


Quelle est la hauteur de relevé d’étanchéité exigée en jonction avec une terrasse ?

Le relevé d’étanchéité en jonction avec une terrasse doit remonter à 15 cm minimum au-dessus du niveau fini de la terrasse. Cette exigence provient du NF DTU 43.1 et du NF DTU 20.1. Pour les terrasses accessibles en zones très exposées, cette hauteur peut être portée à 20 cm. Ce relevé doit être protégé mécaniquement et raccordé de manière étanche au revêtement de façade.


Le non-respect du DTU en pied de façade peut-il affecter la garantie décennale ?

Oui, le non-respect des prescriptions des DTU en pied de façade peut entraîner un refus de prise en charge par l’assurance décennale en cas de sinistre. Les DTU constituent la référence technique contractuelle entre le maître d’ouvrage et l’entreprise. Si un expert constate que les règles de l’art (garde au sol, arase-étanchéité, relevés) n’ont pas été respectées, la responsabilité de l’entreprise est directement engagée et la garantie peut être remise en cause.


Peut-on réaliser soi-même les travaux d’étanchéité en pied de façade ?

Certains travaux simples comme l’application d’un enduit hydrofuge de soubassement ou la mise en place d’un drainage superficiel peuvent être réalisés par un bricoleur expérimenté. En revanche, l’injection de résine anti-capillarité et la réfection complète du pied de façade nécessitent un savoir-faire professionnel et un équipement spécifique. De plus, seuls les travaux réalisés par un artisan qualifié avec une assurance décennale bénéficient de la garantie légale de dix ans.


Laurent Beaumont
Laurent Beaumont

Façadier pendant 15 ans dans le Maine-et-Loire, Laurent Beaumont partage sur rairies-facade.fr son expertise en ravalement de façade, isolation thermique par l'extérieur (ITE) et techniques d'enduit. Des guides pratiques avec les prix réels et les retours de chantier.