Un ravalement de façade peut coûter plusieurs milliers d’euros, et quand le crépi s’écaille ou que les volets défraîchis donnent un air fatigué à la maison, la même question revient systématiquement : peinture extérieure, est-ce au locataire ou au propriétaire de payer ? La réponse dépend de la nature des travaux, et j’ai vu trop de litiges naître d’un simple malentendu sur ce point. Voici le cadre légal, les cas concrets et mes conseils de terrain pour y voir clair.
Dans cet article
- L’entretien courant de la peinture extérieure (volets, portail) est à la charge du locataire selon le décret n° 87-712
- La réfection complète d’une façade ou d’un ravalement relève de la responsabilité du propriétaire
- La peinture qui s’écaille à cause de la vétusté ne peut jamais être imputée au locataire
- Un état des lieux d’entrée précis avec photos est indispensable pour trancher un litige
- Le coût moyen d’une peinture extérieure de volets se situe entre 20 et 45 €/m² fournitures et pose comprises
- La jurisprudence protège le locataire lorsque la dégradation résulte de l’usure normale du temps
Sommaire
- Ce que dit la loi sur la peinture extérieure en location
- Les obligations du locataire : entretien courant
- Les obligations du propriétaire : gros travaux et vétusté
- Volets, portail, façade : tableau récapitulatif
- Peinture qui s’écaille : vétusté ou dégradation ?
- État des lieux et gestion des litiges
- Coût de la peinture extérieure : budget à prévoir
- Mes conseils de façadier pour éviter les conflits
Ce que dit la loi sur la peinture extérieure en location
La répartition des charges entre locataire et propriétaire en matière de peinture extérieure repose sur deux textes fondamentaux. Le premier, c’est la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui encadre les rapports locatifs. Le second, c’est le décret n° 87-712 du 26 août 1987, qui liste précisément les réparations locatives à la charge du locataire.
En résumé, la loi distingue deux catégories de travaux :
- L’entretien courant et les menues réparations : à la charge du locataire
- Les travaux de remise en état liés à la vétusté, un vice de construction ou un cas de force majeure : à la charge du propriétaire
Cette distinction paraît limpide sur le papier, mais sur le terrain, je constate qu’elle génère énormément de tensions. La peinture extérieure se situe souvent dans une zone grise, et c’est là que les problèmes commencent. Un volet qui s’écaille après deux ans de bail, est-ce de l’usure normale ou un défaut d’entretien du locataire ? J’y reviendrai plus bas avec des exemples concrets.
Le site Service-public.fr précise également que le locataire doit assurer l’entretien courant du logement et de ses équipements, y compris les éléments extérieurs comme les volets, les persiennes et les balcons.

Voir aussi Panneau de permis de construire : mentions obligatoires, format et durée d’affichage
Les obligations du locataire : entretien courant
En tant que façadier, je suis régulièrement sollicité par des locataires qui se demandent ce qu’ils doivent prendre en charge. Voici ce que le décret n° 87-712 prévoit pour la peinture extérieure à la charge du locataire :
- Le nettoyage régulier des volets, persiennes, stores et garde-corps
- Les menues réparations de peinture sur les volets et les menuiseries extérieures
- Le graissage des gonds et des ferrures des volets
- Le remplacement de petites pièces comme les loquets ou les crochets de volets
Concrètement, si vous êtes locataire et que la peinture de vos volets commence à ternir après quelques années, il vous revient de la rafraîchir. C’est ce qu’on appelle l’entretien courant. De même, un portail métallique qui rouille légèrement doit être traité par le locataire, car c’est une question de maintenance préventive.
Attention toutefois : la loi parle de menues réparations. Si les volets nécessitent un décapage complet, une remise à neuf intégrale ou un remplacement, on sort du cadre de l’entretien courant. Je vois souvent des propriétaires exiger un décapage et trois couches de peinture à la sortie du bail : c’est abusif si les volets étaient déjà en mauvais état à l’entrée.
Pour les travaux de peinture extérieure de maison, je recommande toujours de bien distinguer ce qui relève de l’entretien normal et ce qui constitue une rénovation lourde. La frontière est parfois ténue, mais elle fait toute la différence sur la facture finale.
Les obligations du propriétaire : gros travaux et vétusté
Qui doit payer les travaux de peinture extérieure lorsqu’il ne s’agit plus de simple entretien ? Le propriétaire, sans discussion possible. Voici les cas où la charge lui incombe :
- Le ravalement de façade, qu’il soit volontaire ou imposé par un arrêté municipal
- La réfection complète de la peinture des volets lorsqu’elle résulte de la vétusté
- Les travaux liés à un vice de construction (fissures, infiltrations, problèmes de support)
- La peinture extérieure rendue nécessaire par un cas de force majeure (tempête, grêle, inondation)
- La mise aux normes ou l’amélioration du logement
Sur mes chantiers, je constate que la réfection de façade est toujours à la charge du propriétaire. C’est logique : il s’agit d’un investissement patrimonial qui valorise le bien. Le locataire n’a pas à financer l’entretien structurel d’un bâtiment qui ne lui appartient pas.
Le concept de vétusté est central dans cette répartition. L’article 7 de la loi de 1989 le définit comme l’état d’usure ou de détérioration résultant du temps ou de l’usage normal des matériaux et des éléments d’équipement. Autrement dit, si la peinture des volets a tenu dix ans et commence à s’écailler naturellement, le propriétaire ne peut pas en imputer le coût au locataire sortant.
Qui doit entretenir l’extérieur d’une maison en location ? La réponse est partagée. Le locataire assure la maintenance quotidienne (nettoyage, petites retouches), tandis que le propriétaire finance les réparations lourdes et les remises en état liées au vieillissement naturel. C’est un équilibre que j’encourage toujours mes clients à formaliser dans le bail.

Volets, portail, façade : tableau récapitulatif
Pour clarifier la répartition, j’ai compilé dans ce tableau les situations les plus fréquentes que je rencontre sur le terrain. C’est un outil que je partage avec mes clients locataires et propriétaires pour éviter les malentendus.
| Élément | Type de travaux | À la charge du | Base légale |
|---|---|---|---|
| Volets bois | Nettoyage, ponçage léger, retouche de peinture | Locataire | Décret 87-712, art. 1 |
| Volets bois | Décapage complet, remise à neuf, remplacement | Propriétaire | Loi 89-462, art. 6 |
| Portail métallique | Traitement antirouille, retouche ponctuelle | Locataire | Décret 87-712, art. 1 |
| Portail métallique | Sablage, peinture intégrale, remplacement | Propriétaire | Loi 89-462, art. 6 |
| Façade | Ravalement complet, enduit, peinture | Propriétaire | Loi 89-462 + Code civil |
| Façade | Nettoyage simple (jet d’eau, brosse) | Locataire | Décret 87-712 |
| Balcon / garde-corps | Nettoyage, retouche de peinture | Locataire | Décret 87-712 |
| Balcon / garde-corps | Réfection structurelle, peinture complète | Propriétaire | Loi 89-462, art. 6 |
| Gouttières | Nettoyage, débouchage | Locataire | Décret 87-712 |
| Gouttières | Remplacement, peinture de protection | Propriétaire | Loi 89-462 |
Ce tableau couvre les cas les plus courants. Pour la peinture extérieure réalisée par un professionnel, le coût est généralement supporté par le propriétaire lorsqu’il s’agit d’une remise en état globale. Le locataire, lui, finance les retouches ponctuelles qu’il peut souvent réaliser lui-même.
Voir aussi Norme isolation RT 2020 en rénovation : que dit la loi ?
Peinture qui s’écaille : vétusté ou dégradation ?
C’est la question qui revient le plus souvent sur mes chantiers. Une peinture extérieure qui s’écaille, est-ce de la vétusté ou une dégradation imputable au locataire ? En quinze ans de métier, j’ai développé une grille d’analyse simple.
C’est de la vétusté si :
- La peinture a plus de 5 à 7 ans (durée de vie moyenne d’une peinture extérieure standard)
- L’écaillage est généralisé et uniforme sur toute la surface
- Le support lui-même montre des signes de vieillissement (bois grisé, métal piqué)
- Le locataire peut prouver qu’il a assuré un entretien régulier (nettoyage annuel)
C’est une dégradation locative si :
- L’écaillage est localisé et résulte d’un choc ou d’une mauvaise manipulation
- La peinture est récente (moins de 3 ans) et déjà en mauvais état
- Des traces de négligence sont visibles (absence totale de nettoyage, moisissures non traitées)
- Le locataire a réalisé des modifications non autorisées (perçage, fixation de jardinières)
La jurisprudence en matière de peinture en location est assez constante. Les tribunaux appliquent généralement une grille de vétusté qui réduit la part imputable au locataire en fonction de la durée d’occupation. Par exemple, après six ans d’occupation, un locataire ne devrait supporter qu’un pourcentage réduit du coût de remise en peinture, voire rien du tout si la durée de vie du revêtement est atteinte.
Si vous constatez que la peinture de votre logement s’écaille et que vous êtes locataire, je vous conseille de documenter la situation avec des photos datées, puis d’en informer votre propriétaire par courrier recommandé. C’est la meilleure façon de protéger vos droits. Pour comprendre les causes techniques de l’écaillement, consultez mon article sur les réparations de fissures en mur extérieur, car les problèmes de support sont souvent liés.
Un point important concernant le nettoyage de façade : le locataire est tenu de maintenir la propreté des murs extérieurs accessibles, mais le nettoyage haute pression, l’hydrogommage ou tout traitement chimique relèvent du propriétaire. Il faut aussi savoir que la pluie après une peinture extérieure peut provoquer des dégâts qui ne sont en aucun cas imputables au locataire si c’est le propriétaire qui a commandé les travaux.

État des lieux et gestion des litiges
L’état des lieux est la pièce maîtresse pour trancher tout désaccord sur la peinture extérieure. J’insiste toujours auprès de mes clients : un état des lieux bâclé, c’est la porte ouverte aux conflits.
Voici les bonnes pratiques que je recommande :
- Photographier systématiquement l’état de chaque élément extérieur peint (volets, portail, façade, garde-corps)
- Noter la date de la dernière peinture si elle est connue, et le type de produit utilisé
- Mentionner les défauts existants avec précision (écaillage en partie haute du volet gauche, rouille sur la charnière droite du portail)
- Annexer une grille de vétusté au bail pour anticiper les litiges
En cas de désaccord à la sortie du bail, plusieurs recours existent :
- La conciliation amiable : c’est toujours ma première recommandation. Un façadier indépendant peut établir un diagnostic objectif de l’état de la peinture et départager les parties.
- La commission départementale de conciliation : gratuite et accessible, elle traite les litiges locatifs avant le passage devant le juge.
- Le tribunal judiciaire : en dernier recours, le juge tranchera sur la base de l’état des lieux, des photos, des factures et éventuellement d’une expertise.
Un conseil de terrain : si vous êtes propriétaire et que vous souhaitez faire réaliser une peinture extérieure avant de louer, demandez un devis peinture extérieure détaillé qui précise la durée de vie estimée des produits. Ce document servira de référence pour évaluer la vétusté en fin de bail.
Coût de la peinture extérieure : budget à prévoir
Que vous soyez locataire tenu d’entretenir vos volets ou propriétaire devant financer un ravalement, il est utile de connaître les fourchettes de prix. Voici les tarifs que je pratique et que j’observe chez mes confrères en 2026 :
| Type de travaux | Prix moyen au m² | À la charge de |
|---|---|---|
| Retouche peinture volets (fournitures seules) | 5 à 12 € | Locataire |
| Peinture complète volets bois (pose incluse) | 25 à 45 € | Propriétaire |
| Peinture portail métallique (traitement + pose) | 30 à 55 € | Propriétaire |
| Peinture façade avec préparation du support | 25 à 50 € | Propriétaire |
| Ravalement complet (nettoyage + enduit + peinture) | 40 à 100 € | Propriétaire |
| Nettoyage simple façade (karcher, brosse) | 3 à 8 € | Locataire |
Ces tarifs varient selon la région, l’état du support et l’accessibilité. Pour un devis de rénovation détaillé, je recommande toujours de faire chiffrer par au moins trois artisans différents. C’est le meilleur moyen d’obtenir un prix juste et de comparer les prestations.
Notez que certaines aides financières peuvent alléger la facture du propriétaire, notamment lorsque la peinture extérieure s’inscrit dans un projet d’amélioration énergétique. Si le ravalement est couplé à une isolation thermique par l’extérieur, des subventions de l’ANAH ou de MaPrimeRénov’ peuvent être mobilisées. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou consultez notre article sur le coût d’un audit énergétique pour savoir si votre projet est éligible.
Du côté de la documentation de l’ANIL sur les réparations locatives, les charges d’entretien courant restent limitées pour le locataire. Les dépenses significatives comme un ravalement sont clairement identifiées comme relevant du propriétaire, ce que confirme aussi l’article 606 du Code civil sur les grosses réparations.
Mes conseils de façadier pour éviter les conflits
En quinze ans sur les chantiers, j’ai vu des dizaines de conflits entre locataires et propriétaires autour de la peinture extérieure. Voici les leçons que j’en tire :
Pour les propriétaires :
- Investissez dans une peinture de qualité professionnelle avec une durée de vie de 8 à 12 ans. Cela réduit les litiges liés à l’écaillement prématuré.
- Annexez une grille de vétusté au bail. Ce n’est pas obligatoire pour les baux privés, mais c’est une protection juridique précieuse.
- Conservez les factures et fiches techniques des peintures utilisées. Elles permettent de prouver la date des travaux et la durée de vie attendue.
- Vérifiez l’état de la peinture extérieure lors de la visite annuelle du logement (si le bail le prévoit).
Pour les locataires :
- Nettoyez vos volets et menuiseries extérieures au moins une fois par an. Un simple lavage à l’eau savonneuse prolonge la durée de vie de la peinture.
- Signalez rapidement toute dégradation anormale au propriétaire par écrit. Le silence peut être interprété comme une négligence.
- Avant de réaliser vous-même des retouches de peinture, informez le propriétaire du produit que vous comptez utiliser. Une peinture incompatible avec le revêtement existant peut aggraver les dégâts.
- Prenez des photos de l’état de la peinture extérieure à votre entrée dans les lieux, même si l’état des lieux officiel mentionne déjà les défauts.
La question des conditions climatiques est souvent négligée. Si vous devez réaliser des retouches de peinture sur vos volets en tant que locataire, respectez les températures idéales pour peindre en extérieur. Peindre en plein soleil ou par temps humide compromet l’adhérence et raccourcit la durée de vie du revêtement. Ce n’est pas un détail : j’ai vu des retenues sur caution justifiées par une peinture mal appliquée par le locataire lui-même.
Enfin, que vous soyez locataire ou propriétaire, la garantie décennale couvre les défauts de mise en œuvre réalisée par un professionnel. Si la peinture extérieure a été posée par un artisan et qu’elle se dégrade anormalement dans les dix ans, c’est son assurance qui prend en charge la réparation, pas le locataire ni le propriétaire.
À retenir
- Vérifiez si les travaux relèvent de l’entretien courant (locataire) ou de la remise en état (propriétaire) avant toute discussion
- Annexez une grille de vétusté au bail pour éviter les litiges à la sortie
- Photographiez l’état de la peinture extérieure à l’entrée et à la sortie du logement
- Demandez au moins 3 devis avant de lancer des travaux de peinture extérieure
- Signalez toute dégradation par courrier recommandé pour conserver une trace écrite
Questions fréquentes
Qui doit entretenir les peintures extérieures ?
L’entretien courant des peintures extérieures (nettoyage, retouches ponctuelles) est à la charge du locataire selon le décret n° 87-712. En revanche, la réfection complète de la peinture liée à la vétusté ou à un défaut du support incombe au propriétaire. Sur le terrain, la frontière se situe entre la simple retouche et le décapage intégral.
Cela dépend de la nature des travaux. Le locataire prend en charge les menues réparations de peinture sur les volets, menuiseries et garde-corps. Le propriétaire finance la peinture de façade, le ravalement, et toute réfection intégrale résultant du vieillissement normal des matériaux. L’état des lieux d’entrée sert de référence pour évaluer les responsabilités.Qui doit faire la peinture, le locataire ou le propriétaire ?
La responsabilité est partagée. Le locataire assure le nettoyage des surfaces accessibles, le désherbage des abords, l’entretien des caniveaux et le nettoyage des volets. Le propriétaire prend en charge les travaux structurels : ravalement de façade, réparation de la toiture, remplacement des gouttières et tous les travaux de gros œuvre.Qui doit entretenir l’extérieur d’une maison en location ?
Le locataire paie les retouches de peinture et l’entretien courant des éléments extérieurs. Le propriétaire paie les travaux de peinture importants : ravalement, peinture de façade, réfection complète des volets ou du portail. En cas de vétusté avérée, le locataire ne peut jamais être contraint de financer la remise en peinture intégrale.Qui doit payer les travaux de peinture ?
Si les volets nécessitent un simple rafraîchissement (ponçage léger et une couche de peinture), c’est au locataire de s’en charger au titre de l’entretien courant. Si les volets sont vétustes et nécessitent un décapage complet, un traitement du bois et une remise en peinture intégrale, c’est au propriétaire de financer ces travaux. La durée d’occupation et l’état des lieux d’entrée sont déterminants.Qui doit repeindre les volets, locataire ou propriétaire ?
Oui, mais uniquement si la dégradation résulte d’un défaut d’entretien du locataire et non de la vétusté normale. Le propriétaire doit prouver que l’état s’est détérioré au-delà de l’usure normale en comparant l’état des lieux d’entrée et de sortie. Une grille de vétusté annexée au bail permet de calculer précisément la part imputable au locataire, qui diminue avec la durée d’occupation.Le propriétaire peut-il retenir la caution pour de la peinture extérieure dégradée ?
Le traitement antirouille et les retouches ponctuelles sur un portail métallique relèvent de l’entretien courant à la charge du locataire. En revanche, le sablage, la peinture intégrale ou le remplacement du portail sont des travaux de remise en état financés par le propriétaire. Pour un portail en bois, la même logique s’applique : retouches pour le locataire, réfection complète pour le propriétaire.La peinture du portail est-elle à la charge du locataire ou du propriétaire ?
Façadier pendant 15 ans dans le Maine-et-Loire, Laurent Beaumont partage sur rairies-facade.fr son expertise en ravalement de façade, isolation thermique par l'extérieur (ITE) et techniques d'enduit. Des guides pratiques avec les prix réels et les retours de chantier.
Sources
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